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Rose Opéra, Français - English
Le Jardin Retrou...
post 12-Jun-2009, 02:21 PM
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Français :

En 1952, Yuri Gutsatz a été sollicité par Maurice Lehmann, directeur de l'Opéra de Paris, pour parfumer le ballet « les Indes galantes » de Rameau.

Il a imaginé pour le ballet des Fleurs, dans un splendide décor de Wakhevitch, à l'apparition de la Rose, un parfum à l'odeur extrêmement envoûtante, capiteuse, riche avec des accents miellés.

Lisez toute l'histoire de la Rose Opéra ici !

English :

In 1952, Yuri Gutsatz was asked by to perfume the Paris Opera House for « Les Indes Galantes », an opera by Rameau.

He conceived, for the 2nd Act of the "Ballet des Fleurs", in the splendid décor created by Wakhevitch, a Perfume called "Apparition de la Rose".

"L'Apparition de la Rose" was his source of inspiration when he created his Rose Opéra!

What they say about it:

Cologne Perfume.com: The story behind Rose Opéra gives an added pleasure in wearing it. One can imagine the curtain rising and being a part of this historical event.


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post 3-Oct-2009, 01:33 PM
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L'histoire de la Rose Opéra (Résumé)


Deux événements d'importance inégale on marqué ma carrière chez ROURE : mes deux rencontres avec l'INDE. En 1952 « Les INDES GALANTES » opéra-ballet de RAMEAU monté à l'Opéra de Paris par Maurice LEHMANN ancien directeur du CHATELET et en 1956/57 les INDES RÉELLES où j'ai vécu pendant presque 6 ans.

Les INDES GALANTES ... Maurice Lehmann, Directeur de la Réunion des Théâtres Lyrique-Opéra et OPÉRA COMIQUE, voulait introduire le PARFUM comme élément de mise en scène au même titre que le son et la lumière. Il à choisi un opéra-ballet du 18e siècle, les INDES GALANTES pour les monter à la manière du CHATELLET.

Pendant des mois j'ai vécu une expérience absolument unique ayant fait connaissance d'un monde à part : les coulisses de l'Opéra, les envers des décors, les caprices des danseurs-danseuses étoile dont les noms sont aujourd'hui oubliés : Michelle BARDIN, Michel RENAULT et tant d'autres.

Il se trouvait que depuis 1936 l'Opéra était doté d'un système de circulation et de renouvellement d'air conditionné qui toutes les 10 minutes changeait le volume d'air et pouvait donc évacuer le parfum diffusé et il suffisait d'introduire le parfum aux orifices d'entrée de l'air conditionné sous la coupole pour parfumer les 19 000 m3 avec deux petits flacons de 25 ml chacun à 15% de concentration pour mener à bien cette opération.

Il fallait aussi que le parfum arrive dans la salle à un moment précis. Aujourd'hui un ordinateur aurait pu calculer cela sans problème, en 1952 il a fallu tâtonner et lors des premières représentations le parfum arrivait ou trop tôt ou trop tard mais on a fini par trouver un repère musical pour déclencher notre système et coordonner la perception olfactive avec une perception visuelle.

Quel parfum choisir? M. LEHMANN m'avait prévenu qu'il ne fallait à aucun prix introduire des parfums qui pourraient incommoder les dames des fauteuils d'orchestre. J'ai proposé à M. LEHMANN trois parfums : le premier un genre OPOPONAX AMBRE pour le deuxième acte mettant en scène un volcan en éruption (magistralement agencé par RUGGIERI), une ROSE pour le quatrième acte – ballet de fleurs, où la danseuse étoile habillée en ROSE sortait d'une trappe, et enfin un JASMIN pour un décor représentant une île sauvage avec des fleurs imaginaires et les danseuses du ballet habillées en panthères entourant les figurants déguisés en guerriers emplumés.

Le premier parfum fut bientôt abandonné bien avant la générale car l'éruption du volcan était accompagnée d'une odeur de poudre.

Restaient la ROSE et le JASMIN.

Sans souci du prix de revient j'ai préparé un parfum ROSE pour les INDES IMMAGINAIRES du 18e siècle dans un décor luxueux de WAKHEVITCH mélangeant l'architecture persane avec des motifs de jardins à la française.

Pour le JASMIN des danses sauvages, ma démarche était similaire : beaucoup d'Absolue Jasmin Éther et Benzol avec des poncifs habituels comme l'YLAN, le NEROLI et des épices.

J'ai assisté a environ 150 représentations des INDES GALLANTES et à chaque fois j'ai entendu le public murmurer « ça sent la rose » mais pas une seule fois j'ai entendu le public murmurer sur le jasmin ! Tout simplement parce que l'odeur de la rose est connue et celle du jasmin ne l'est pas, et ensuite parce qu'on voyait sur la scène une danseuse habillée en fleur ROSE...

Cette expérience est restée unique malgré que Maurice LEHMANN m'ait demandé plus tard de parfumer OBERON de Weber pour lequel j'avais imaginé un parfum vert-algues pour une scène de naïades et tritons s'ébattant sur un fond glauque sous-marin. Un peu dans le style VENT VERT de BALMAIN. Mais sans aucun succès : les gens regardaient leurs voisins pensant que c'était le parfum de la personne à côté ...

Voilà une anecdote sur la parfumerie un peu spéciale et qui m'a laissé personnellement un très beau souvenir en me permettant de découvrir un monde qu'autrement je n'aurais jamais connu.

Yuri Gutsatz

Retrouvez toute l'histoire de la Rose Opéra ici !


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post 3-Oct-2009, 01:35 PM
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The Rose Opéra story (Summary)

Two events of varying significance marked my career in ROURE: my two encounters with INDIA. In 1952, Rameau's opera-ballet "LES INDES GALANTES" produced at the Opéra de Paris by Maurice LEHMANN, former director of the CHATELET and in 1956/57, INDIA itself, where I lived for almost 6 years.

Les INDES GALANTES ... Maurice Lehmann, Director of the integrated Lyrique-Opéra and the OPERA COMIQUE theatres, wished to introduce PERFUME as part of theatre production, just as sound and light were. He chose an opera-ballet of the 18th century, LES INDES GALANTES, for production in the CHATELET style.

During several months I lived a truly unique experience, getting to know another world: the backstage of the Opéra, the reverse of the decor, the vagaries of the star dancers, the danseurs étoiles, whose names are now forgotten: Michelle Bardin, Michel Renault, and so many others.

It so happened that since 1936 the Opéra had been equipped with a system of air circulation and renewal that changed the entire volume of air in 10 minutes and could therefore evacuate whatever perfume had been diffused and so it was simply enough to release perfume at the air conditioning vent inlets under the dome to perfume the whole 19 000 cubic meters with just two small flacons of 25 ml each in a concentration of 15% to accomplish this operation.

The perfume also had to reach the auditorium at a given moment. Today, a computer could calculate this very easily - in 1952 one had to proceed by trial and error, and during the first performances the perfume reached either too early or too late. But we finally found a musical marker signalling when to trigger our system and coordinate olfactory perception with that of the visual.

What perfume should one choose? Mr. LEHMANN cautioned me saying that on no account should a perfume that could indispose the ladies in the stalls be used. I suggested three perfumes to Mr. LEHMANN: the first of them one of the OPOPONAX AMBER type for the second act featuring the eruption of a volcano (masterfully orchestrated by RUGGIERI), a ROSE for the fourth act – the ballet of the flowers, where the principal dancer, dressed as a ROSE, emerged from a trap door - and finally a JASMINE for a decor representing a primitive island with imaginary flowers and ballet dancers dressed as panthers around the extras dressed as plumed warriors.

The first perfume was soon abandoned, well before the dress rehearsal, since the eruption of the volcano was followed by a smell of gunpowder.

There remained the ROSE and JASMINE.

Without concern for cost I prepared a ROSE perfume for the INDES IMMAGINAIRES (Imaginary India) of the 18th century – in a luxurious WAKHEVITCH décor, combining Persian architecture with French-garden motifs.

For the JASMIN of the wild dances, my approach was similar: a great deal of Absolute Jasmine Ether and Benzyl with the customary accents of YLANG-YLANG, NEROLI and spices.

I attended around 150 performances of the INDES GALLANTES and, each time, I heard the spectators whisper "it smells like roses", but not once did I hear a whisper about the jasmine! Simply because the smell of the rose is familiar and the jasmine is not, and secondly because there was a dancer dressed as a ROSE on stage.

This experience was singular, even though Maurice LEHMANN asked me to perfume

Weber's OBERON later - for which I had imagined a green-algae perfume for a scene with tritons and naiads frolicking in the depths of murky underwater. A bit reminiscent of BALMAIN's VENT VERT. But without success: the spectators glanced at their neighbours thinking it was the perfume of the person next to them.

This is an unusual anecdote about perfumery and one that has left me personally with a wonderful souvenir where I was able to discover a world that I otherwise would never have known.

Yuri Gutsatz


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